Parfum de nuque et tapis à bagages

Vous savez quoi? on va reprendre le compte! Aujourd’hui, 49ème jour de nos plus chouettes grandes grandes vacances avec un trou au milieu. Et devinez qui va revenir de chez son corres’? Oui, c’est bien lui! Celui qui peut vider des caisses entières de playmobils sans jamais les re-remplir, celui qui peut étaler 20 mètres carrés de legos pour trouver juste ce tout petit morceau parce que tu comprends c’est le truc pour faire le hayon du camion – mais c’est pas un camion, y’a pas de roues – Ha ben justement, puisque tu en parles, j’en cherche aussi. Celui qui mange les pitchs par 2, mais ceux aux petites hein, pas les autres. Celui qui dit kePchup. Celui qui flotte mieux quand il met un masque, parce que maman, le masque c’est ça qui fait flotter. Celui qui facture 12euros50 les cafés qu’il fait avec sa nespresso de dinette. Celui qui déteste faire des pages d’écriture. Celui qui adore l’apéro, surtout quand il y a des monster munch au Kepchup justement. Celui qui boude. Celui qui rit. Celui qui m’a manqué un peu beaucoup, sauf le matin quand j’ai dormi jusqu’à midi. Celui qui va très rapidement apprendre à se servir de la nouvelle Gopro, parce qu’elle n’attend que lui. Et il n’y a pas qu’elle. OUAIS… j’avoue. 3 semaines c’est un peu long sans nain. Ouais je fanfaronne que ça fait du bien un peu d’air… Mais

ce soir tard, ou peut-être serons-nous déjà demain, je vais regarder la porte de cet avion s’ouvrir, et attendre qu’il se vide intégralement avant que les nains aux pochettes jaunes n’en sortent, accompagnées d’une hôtesse dont le gilet jaune tranchera de manière comique avec son tailleur et ses talons mais personne ne le remarquera. Elle marchera trop lentement, avec sa dizaine de têtes blondes pas du tout rangées. Même si elle est la plus rapide du monde, Elle mettra trop de temps pour ouvrir chaque porte vitrée. Pour ouvrir chaque pochette et vérifier chaque pièce d’identité. tout cela durera un genre de petite éternité. On les regardera, plein de sommeil mais tout sourire, leurs grands yeux écarquillés… Et puis la porte s’ouvrira pour qu’il passe. Le mien. Mon nain. Alors on se serrera fort. Si fort qu’il n’y aura plus d’espace entre nous, comme si, de nouveau on ne formait qu’un. Je sentirai ses cheveux, et ils ne sentiront pas comme d’habitude, papa n’utilise pas le meme shampoing que nous. Alors je plongerai dans sa nuque, et là je le retrouverai. mon bébé. ça ne durera pas assez longtemps, parce que comme tous les adolescents de 7 ans il me dira, viens, on va attendre la valise. je lui demanderai si le vol s’est bien passé, il me répondra quelque chose d’improbable, du genre qu’il aurait préféré plus de turbulences ou que sa voisine a renversé son coca mais lui il a bu son jus de tomate. Il ajoutera un détail de type -personne n’a vomi- ou -j’ai pris les consignes de sécurité dans mon sac- Il me regardera en souriant. Et il fixera le balai des bagages sur ce tapis qui le passionne, puis il attrapera ma main, la collera à sa bouche fort fort fort, y fera un long bisou, lèvera les yeux et dira « je t’aime maman ». J’aurai les larmes aux yeux. Et il sait ce que je répondrai. Chacun ses rituels. J’ai hâte de celui là.

Allez, bisous.

Cher futur parent de CP

Cher futur parent de CP,

La fin de la maternelle de ton nain approche et je te vois te poser un bon millier et demi de questions.

Tu es fébrile à l’idée de la future rentrée de ton «génie » en CP, et c’est bien normal. Jusque là, tu considérais un peu l’école comme de la garderie, et de toi à moi, sous certains aspects, c’était quand meme un peu le cas, mais là, tu vas voir, tout va changer. Ton nain, qui était un peu devenu le « grand » de l’école va redevenir le plus petit, et il va partager sa cour de récré… Et la cantine… avec des mioches de presque 2 fois son age… il sera le plus petit, celui qu’on chahute facilement celui dont le cartable a l’air 10 fois trop gros pour lui. Il va redevenir… un bébé. Tu trembles pour lui. Et tu as raison… ha ha ha… ou pas.

D’abord Permets moi, du haut de mes 9 mois de CP, de te donner quelques petits conseils…

La maitresse (ou le maitre) va déjà sûrement te faire parvenir une liste de fournitures pour la rentrée. Bon, dis toi que c’est une liste de départ hein. Ce qu’elle (ou il) a mis c’est bien… pour les 3 premières semaines… et encore.

D’abord, le cartable. Prends un truc à roulettes hein, parce que le poids du cartable est supérieur à celui de l’enfant, et c’est pas de la faute de l’instit’, non, c’est la faute de ta feignasse de progéniture qui, pour économiser l’effort de tri, préfère mettre TOUT LE CONTENU du casier dans le cartable en oubliant JUSTE le cahier nécessaire aux devoirs (TOUJOURS). Moi j’ai un modèle nain garçon, donc j’ai dû prendre un modèle de cartable STARWARS à roulettes à 75 balles qui a donc lâché à Noel. Donc nouveau modèle beaucoup moins cher (70 balles) à la rentrée de janvier, toujours Starwars, une roue a lâché en février. Je te rassure, il traine le meme depuis, ça va aller les conneries. Le cartable boite, on s’en fout, on le racle… Mais investis dans du solide. Pas forcément dans de la franchise marketing, je te dis ça, mais BIEN SUR, à la rentrée je retournerai acheter un cartable STARWARS ou autre AVENGERS comme une débile.

Bon, on a donc notre cartable, Dark vador ou Elsa de la Reine des neiges trône dessus, on s’en fout, on va maintenant passer au contenu. J’attire ton attention sur la trousse. Tu ne te doutes pas que ce petit bout de tissu Zippé est en fait un gouffre sans fond dans lequel TOUT disparait. Un genre de trou noir miniature que ton enfant trimballe avec lui. OUAIS, Stephen Hawking aurait ou ecrire des bouquins entier sur l’anti-matiere contenue dans ce machin. Je te mets au défi de finir l’année avec la gomme ou le taille crayon de la rentrée. Rien. rien ne dure dans la trousse de ton enfant. parfois, des choses improbables peuvent y apparaitre. Mais jamais, jamais, les choses ne restent. Donc la maitresse (ou le maitre Ohsavaaaa) va te demander poliment des crayons des stylos… des trucs cohérents hein sur la liste. Et puis Elle (ou il, tu me saoules avec ton égalité des sexes) va te dire de prévoir des tubes de colle. Et là, meuf, attends toi au pire. Parce que je ne sais pas si elle la revend sous le manteau, si ils se font des soirées sniffage de colle entre collègues, mais bordel, c’est quoi le délire avec la colle??? Compte AU MOINS, un tube par semaine, moi, mon nain, c’est DEUX. Et l’autre truc chelou, il faut que je t’en parle, c’est les feutres. Je conçois que l’enfant fasse des coloriages… toussa toussa. (Tu vas voir les oeuvres, y a un virage majeur au CP, On passe du moche abstrait au moche concret) Ouais. Mais y’a un truc avec le feutre rouge nan? Perso mon fils en est au 15ème je pense. Et tu sais que ça ne se vend pas à l’unité, tu rachètes toute la boite à chaque fois…. Alors y’a une secte ou des soirées où pour rentrer faut un bâton de colle et un feutre rouge nan? parce que sans déconner je me pose des questions les gars. Apres le reste ca va a peu apres, hormis les gilets, vestes, blousons… Mais ca n’a rien à voir avec l’ecole. C’est juste que l’enfant de 6 ans ne gère RIEN. Donc voilà. Le matin il arrive en classe tout emmitouflé, multicouches, et à 16h30, il a CHAUD. Donc les couches ont volé… pas grave… quelqu’un ramassera…

Ça c’est pour la partie materielle. Y’ a des gens pas trop idiots qui ont lancé un business complet sur les étiquettes de marquage. Bon filon hein. Ne lésine pas sur l’étiquette. On s’est foutu de la gueule de la maitresse qui nous a demandé en début d’année d’étiqueter chaque feutre, chaque crayon. Ouais. Tu vas voir… la meuf est pas si tarée que ça… tu vas le faire aussi. Mais compte large sur les étiquettes. Et après, checke le contenu de la trousse au moins une fois par semaine, si tu ne veux pas avoir la honte de ta vie quand la maitresse s’enerve un matin, utilisant l’outil virtuel de communication: la BENEYLU (je te laisser kiffer la découverte seule) en demandant à tous les parents de racheter des gommes et des crayons à leurs enfants qui n’en ont PAS et qui ne peuvent pas TRAVAILLER, si JAMAIS, toi, parent, ça t’intéresse… donc vérifie, parce qu’imagine qu’elle (ou il, tu me saoules) en a au moins vingt comme le tien…

Pour le reste, je sais que c’est dur, et que déjà tu te dis « oh mon dieu il grandit… » mais ça va aller… et je te dis juste que si Jean-Mi choisit pour ton nain la même maitresse, ou le même genre que pour le mien, tu n’as à t’inquiéter de rien. Tout va rouler, glisser… et ton plus gros soucis ce sera là… maintenant, le mois de juin… quand tu vas te dire… oh putain… on va la quitter… on va la laisser… et on attaque le CE1…

Allez, bisous.

J-1

Je sais que tu vas arriver, c’est dans mon agenda. Il dit même que c’est demain. Je t’aime bien hein, c’est pas contre toi, ton côté festif et un peu « chaud » ça nous amuse tous. Tu reviens tous les ans à peu près à la même époque, Tu lances la série des longs apéros, des tenues plus légères, des tongs, de l’huile dans les cheveux, des chipos et des après-midi devant Roland-garros en mangeant des cerises. Tu as toujours été le témoin de plein de beaux événements (genre le bac). J’ai avec toi des chouettes souvenirs. Plein. Tu nous donnes nos premières couleurs… L’envie d’aller à la plage et de mettre plus de glaçons dans le rosé…. De nous acheter des maillots… ou pas d’ailleurs. Ouais. Mais il faut que je te le dise. Tu coûtes trop cher. Tu vas rester là 30 jours. 30 longs jours. Et ton train de vie c’est… du n’importe quoi. Au début ça va aller à peu près, on le sait, on fera l’effort de suivre, mais au bout de deux semaines on sera déjà rincés. Sans déconner. T’es un des pires mois de l’année. Juin. Papa est né le 1er, maman le 8, le 10 le nain passe sa ceinture de Karaté, son anniversaire tombe le 16, on le fêtera surement 2 fois, cette année la fête des pères tombe le 17, mon neveu est né le 21, sa mère nous a calé son baptème le 24, le 22 on a intercalé la kermesse de l’école, le 29 le concert des enfants, et le 30 l’anniversaire de ma petite soeur (la mère du neveu, c’est bien, je vois que tu suis). Ajoute à ça les invitations aux anniversaires des copains de classe, et le reste, la vraie vie en général…. J’ai des copines dont les filles ont des galas de danse. Dieu soit loué j’ai eu un garçon. Mais on va mal finir je te le signe. L’excellente nouvelle c’est que Noel est dans 6 mois, donc on aura le temps de se refaire une santé… financière. En revanche en terme d’organisation, d’alcoolémie et de manque de sommeil, je cherche actuellement tout type de solution. Donc si vous avez des idées, hormis la citrate de bétaïne, le Berocca et l’efferalgan (les stocks sont faits) n’hésitez pas. On prend. La bonne nouvelle c’est que dans 30 jours… On est en juillet. La mauvaise c’est qu’il faudra occuper le nain H24, 7 jours sur 7. Que veux tu que je te dise… On mettra encore plus de glaçons dans le rosé, et on va y arriver. Je nous fais confiance.

Allez, bisous.

Avant, je courais.

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Avant je courais. Je t’explique. Ma vie était une course. Une course contre la montre.

Mère célibataire d’un nain de 6 ans -et demi- comme il dirait lui-même, ça consiste précisément à courir, en permanence, surtout avec un boulot à plein temps. Pour compliquer la donne je l’ai inscrit à des activités périscolaires différentes tous les jours après l’école, histoire de me challenger un petit peu… sans oublier les activités au sein même de l’école qui nécessitent également un tout petit peu d’organisation, parce que le livre du rallye-lecture de la bibliothèque est à mettre dans le cartable le bon jour, et il faut éviter de le mettre en smoking le jour où il a sport… Ajoute les boites à gouter à préparer et les devoirs… Tes journées sont des tunnels, et à 7h quand ton réveil sonne… tu commences à courir. Même si ce n’est pas dans la maison, c’est dans ta tête. Le déposer à l’école lavé, habillé, coiffé, petit déjeuner englouti (en général dans la voiture hein faut pas déconner non plus), contenu du cartable checké, boite à gouter pleine, devoirs faits, dieu soit loué pas besoin de coiffer mon modèle d’enfant… Ça relève un tant soit peu du miracle. Aller bosser en étant soi-même habillée maquillée coiffée à peu près correctement, faire les courses de bouffe pendant ta pause déjeuner, aller les ranger à la maison, lancer une machine, retourner bosser, mettre une alarme à 18h pour aller chercher le nain au cirque ou au Karaté ou aux échecs ou au chant selon le jour, ne pas se tromper d’endroit. Récupérer le génie, répugnant et content, toujours. Commencer à négocier dans la voiture pour pouvoir le mettre dans le bain en arrivant, l’envoyer dans la salle de bains, étendre la machine, l’envoyer dans la salle de bains, vider le lave vaisselle, l’envoyer dans la salle de bains, ouvrir le courrier, l’envoyer dans la salle de bains, Ranger un peu le bordel général qui règne… partout… Lui hurler dessus pour qu’il aille dans cette putain de salle de bains. Se lancer dans de la grande cuisine à base de pâtes en général, mettre de la musique un peu fort, se servir un verre de vin, aller lui dire de se savonner, faire cuire un bout d’animal, donner à manger à la tortue, lui dire de fermer l’eau ça va déborder et oui, tu te laves AUSSI les cheveux, répondre aux messages pour l’organisation de la prochaine sauterie collective dans le groupe de copines sur Facebook, dire au nain de sortir du bain, Mettre la table, répondre à Ben qui m’a envoyé une capture d’un tweet très très très drôle, dire au nain de sortir du bain, chercher son pyjama, aller ramasser la tenue complète qu’il portait aujourd’hui et qui orne le tapis de bain trempé, le slip et le pantalon retirés tellement vite qu’ils sont restés imbriqués l’un dans l’autre, les séparer, râler un peu, réexpliquer calmement que CECI n’est pas QU’un élément de décoration mais bel et bien un contenant placé précisément à cet endroit dans le but de recevoir le linge sale si possible par morceaux séparés. Faire un sourire forcé et lui dire que maintenant il sort de cette baignoire ou il ne dîne pas. Lui donner son pyjama. Dîner et raconter nos journées, rigoler bien sûr, lui dire 12 fois de manger proprement. Répondre à des questions improbables sur l’origine du monde et le wifi. Allez, Les dents, pipi et au lit. Lire une histoire. Le laisser 10 minutes avec un autre livre, 20h30, allez, on éteint, demain école… Débarrasser la table. Finir son verre de vin. ou s’en servir un autre… Allumer la télé… se dire que tout va recommencer le lendemain à 7h. Et recommencer…

Et puis… Et puis un jour j’ai arrêté de bosser. Donc de courir. Enfin, presque. Parce que finalement ça devait me manquer, du coup maintenant, je me suis mise à essayer de courir. Mais genre en vrai. Je dis « essayer » parce que c’est pas encore ça hein. Ça fait deux mois et c’est encore atroce. Chaque pas est un calvaire, chaque foulée est une épreuve. Je suis de ses personnes qui détestent le sport, sous à peu près toutes ses formes (Ouais, même à la télé). Pour moi, courir ne pouvait avoir une utilité que pour attraper un bus ou échapper à un sanglier qui charge. Les sportifs étaient à mes yeux une bande de débiles ou de masochistes. Si si. Je ne comprenais pas l’intérêt de faire un truc aussi désagréable, qui en plus fait transpirer et rend laid (sur le moment). Regarde les sportifs, ils font des grimaces, ils puent… pendant l’effort hein, en dehors ça est des gens comme toi et moi… enfin, je crois… Bon, le fait est qu’étant donnée mon hygiène de vie actuelle, soit je me mettais à faire « de l’exercice » soit je devenais un tonneau. Ma garde robe a choisi pour moi. Dans mon entourage pas mal de gens avaient l’air de trouver ça « fun » et pratiquaient ce sport chelou qu’est la course à pied, ils en parlaient, s’encourageaient mutuellement, alors je me suis dit « pourquoi pas ». Ouais. Donc en bonne connasse qui se met à une nouvelle activité, j’ai fait ce que toute vraie connasse digne de ce nom fait, je me suis précipitée à la mecque du sport, au temple des gens qui kiffent « l’exercice », le bien nommé : Décathlon. Tu vois, Paradoxalement, Je déteste le sport, mais j’adore aller chez Décathlon. Depuis toujours, Je ne sais pas pourquoi. Il y a un côté sympathique dans tous ces articles aux couleurs vives et dont j’ignore souvent totalement l’utilité… mais c’est jovial et t’as envie d’acheter plein de trucs. Je pense qu’ils diffusent des drogues parce que c’est quand même chelou d’avoir envie d’acheter des vêtements pour faire des sports que tu vas jamais pratiquer. Et même pour ceux que tu vas pratiquer, dis moi ce qui te prend, à toi, d’aller t’acheter des trucs si moches. Ouais, Alors que l’être humain  a réussi à s’extraire des années 80 et 90 sans trop de séquelles malgré les ravages du FLUO, alors que l’homo sapiens de la fin des années 2010 a trouvé son style Casual-chic dans des coloris sobres tels que le noir le bleu marine ou le gris, Il faudra m’expliquer pourquoi les stylistes, si on peut les appeler ainsi, qui se consacrent aux vêtements de sport ont ce besoin d’aller chercher des coloris qui grattent les yeux. Je ne comprends pas cette passion pour les… Stabilo. Ça ne peut être que ça, le type allait au bureau de sa mère avec elle et elle lui donnait des bics pour faire des dessins, alors que lui rêvait de prendre les stabilos. Devenu styliste chez Decathlon, le mec ne dessine plus qu’avec ce dont il a été privé petit… Et nous voilà avec des collections entières de vêtements avec des « touches » plus ou moins grosses d’ailleurs de fluo. Et te voilà, toi, alors que tu as tout ton sens commun et qu’en temps normal tu trouves que le kaki est déjà une couleur un peu flashy, te voilà en train d’essayer des chaussures de running orange fluo. Tu les essaies, tu marches dans le rayon, tu hésites avec une paire bleue et jaune FLUO. What the fuck? j’ai envie de dire. Et piiiiire, tu les trouves JOLIES. Et t’es même pas bourrée hein. Ha oui, tu t’es mise aussi à parler comme eux hein. Tu dis plus course, ou jogging (so 1998) nan, tu dis RUN ou Running. Et pour tes « runs », maintenant que tu ressembles à un gros stabilo, tu vas télécharger des applications avec des COACHS qui vont t’encourager. Tu vas porter ton Apple Watch tout le temps et te fixer des objectifs de nombre de pas complètement débiles (Si si, tu vas regarder combien de pas tu fais par jour TOUT LES JOURS). Tu vas comparer avec tes copines, tu vas te mettre à parler rythme cardiaque, tu vas échanger des conseils et des playlists Spotify pour accompagner tes « runs », tu vas publier sur les réseaux sociaux tes « exploits » hashtag FIERTAY, si si, je te jure -ay, comme ça se prononce… Ton instagram passe en mode poufiasse, tu vas parler en temps par km, tu vas utiliser le terme « Fractionné » tu vas même réfléchir à t’inscrire à un trail… jusqu’à ce qu’on te fasse faire la reconnaissance du parcours hein, la « reco » comme tu dis maintenant. Ouais, Après tu vas te calmer un peu. Faut pas déconner non plus, courir peut-être, faire de la rando, pourquoi pas, mais la rando en courant??? Qui a inventé ce sport? Vous poussez le bouchon les gars… Tu te cantonnes donc à un seul sport, la course, que tu tentes tant bien que mal de pratiquer… Et puis  il va se passer un truc, un moment où tu vas basculer définitivement. Ce moment tous les gens comme toi s’en souviennent dans une vie. C’est un moment clé dans ton parcours de « runneuse », et même, j’ai envie de dire dans ton parcours de femme. Ce moment, c’est celui où tu vas retourner chez décathlon un matin, presque comme tous les autres mais pas tout à fait, tu vas parcourir les rayons, mettant dans ton panier à roulettes bleues « tiens, des chaussettes basses » « oh, je vais me reprendre un legging » et là, au détour d’un rayon, tu vas mettre dans ton panier… une banane. Pas le fruit hein. Nan nan. Le… Le truc qui se met autour de la taille. Ouais, parce que c’est « pratique »  pour tes « runs » et y a une place exprès pour ta bouteille d’eau… une BANANE. Le sac qui se porte autour de la taille. Je te rappelle que tu likes tous les tweets de Loic Prigent, que Tom Ford est l’équivalent d’un dieu, et Nicolas Ghesquière un gourou. Mais là, tranquille, normal… tu vas porter une BANANE, meuf. (Ouais, je dis meuf, je parle jeune). Je pense donc aujourd’hui que la pratique du sport a, bien sûr un impact sur le corps et la santé, mais vous ne m’ôterez pas l’idée qu’elle déclenche probablement quelques troubles mentaux notables, tels que l’altération de la faculté à s’habiller correctement et le port d’accessoires absolument interdits pour les humains normalement constitués.

Alors je voulais vous le demander comme un service, si vous m’aimez vraiment… Comme on ne sait pas jusqu’où ça peut aller… je m’inquiète un peu… Si un jour vous me voyez approcher de près ou de loin une paire… de sandales à scratch, mettez moi une balle dans la tête. Je préfère.

Allez bisous.

Communions

aDimanche j’étais invitée à une première communion. Celle avec Dieu tu vois. Celle avec un grand C. Celle à l’Eglise… Tu sais, la maison de dieu. Celle dans laquelle moi, normalement je ne suis pas trop conviée parce que je ne suis pas trop… baptisée tu vois. Pourtant je connais toutes les récitations par coeur, tous les us et coutumes de ces gens chelous qui font mettre des robes à leurs chefs mais qui kiffent pas trop les garçons qui kiffent les garçons… Ouais, genre paradoxe de chez paradoxe… Ils savent faire ça. Moi j’ai jamais trop cru à tout ça, même si au fond, je sais bien qu’il y a quelque chose hein… Mon problème à moi c’est plus le cadre imposé les rituels toussa toussa… Bon, Dimanche du coup, Bien sûr je suis allée à l’Eglise, et en bonne païenne, j’ai fait des blagues et des jeux de mots douteux pendant la (un peu trop longue pour moi) cérémonie. Mais en vrai, c’était aussi pour cacher un peu mon émotion parce que en vrai c’est émouvant de voir tout ça… Il y avait plusieurs communiantes toutes de blanc vêtues, plein de mamans très fières (dont une que je connais très très bien, et de papas qui… apparemment se faisaient un peu chier je crois, mais qui écoutaient sagement, regardant leurs progénitures, plus tout à fait des enfants, mais pas encore effleurées par l’ingratitude de l’adolescence, juste touchées par… la grâce. C’est de là que doit venir l’expression consacrée d’ailleurs… Moi, Celle qui m’a invitée à sa communion c’était la plus jolie, et je dis pas ça parce que c’est la fille de ma copine hein… mais comme dirait Pierre elle a de ses lumières au fond des yeux qui rendent aveugles ou amoureux… Et comme je te dis moi, Elle a ces grands yeux noirs et ses boucles brunes qui coulent le long de son visage, elle n’est que  calme et douceur, elle est simplement… jolie, et elle ne le sait pas. Et ça le rend juste magnifique. Nous étions juste là pour la voir faire sa première communion avec l’éternel…Et ensuite… Ensuite nous sommes allées fêter ça. Et là… Là tu croyais que tu allais juste à une communion… Et tu te retrouves à une vraie Communion. Au sens propre du terme. Tu communies. Ouais, j’ai regardé dans le dictionnaire, la définition de communier ; « Être en union spirituelle ou affective avec d’autres personnes, partager une condition, un sentiment. » C’est très précisément la définition de mon dimanche. J’ai partagé. Mais tellement. J’ai du mal à trouver les mots pour te raconter. Tellement c’était… waouh. c’était tout blanc. avec du soleil partout et des fleurs. y’avait du bon go^t dans tous les coins. Pas une fausse note… mais bon, je connais la maitresse de maison, elle a un peu appris à Bree Van der Kamp comment on se tient, donc je n’avais pas trop de doutes sur la bongoutitude… tout était mieux qu’instagrammable… tout était beau. On se doutait que ce serait comme ça…  mais on avait pas vraiment vu venir le meilleur… Ce qui nous est arrivé… Juste après, ce qu’on s’est pris en pleine face. Parce que la vraie communion, elle était là. Ce moment unique. Ce moment magique. Cette catalyse. Ta famille. Tes amies. La musique. Les musiques.  Les chants. Ta grand mère, tes tantes, ton papa, ta maman, ton cousin, ton frère, ton gang, ta garde rapprochée… Et puis Nous. Avec un grand N.  Et toi… si belle, si souriante, heureuse, si toi. et Nous… Ha… Nous… je regarde et re-regarde ces vidéos… Et je ris. Et je re-ris. Le Bonheur existe vraiment. Il est juste là. Palpable. Tu les vois ces 9 gonzesses qui chantent, qui dansent, et qui se marrent. Plus rien n’est important que ce moment là. Elles ont érigé ça comme une… religion. La seule qui ait une justification, celle du kif. Celle du Ensemble. Celle qui va D’Enrico Macias aux Demons de Minuit, en passant par Dalida, Jeanne Mas et Tié la famille.. ouais… la famille. En fait je ne sais toujours pas vraiment ce que c’est qu’une première communion, malgré wikipédia, mais dimanche je sais qu’on a communié. Au sens propre du terme. Bein sûr le champagne nous a un peu aidées… mas  on était unies. On était nous. Les voix se sont mélangées, parfois disgracieuses et comiques, parfois hurlantes… elles se sont tues aussi pour écouter ton cousin faire résonner des mots anciens avec ses notes à lui. Puis nous avons repris ceux d’un grand poète encore vivant… -Sur une étoile ou sur un oreiller … Au fond d’un train ou dans un vieux grenier… on va s’aimer- ouais, nous, Toutes les neuf. On va s’aimer bordel. Et On a tapé dans nos mains, on a échangé nos chapeaux, on a célébré la joie. La vie. Le nous. Qu’importe la place qu’importe l’endroit. Nous neuf. Et ta famille. Ta famille faite de rires, de voix, et de chants. Le bonheur d’etre ensemble. Tout simplement. Alors Merci pour tout ça. Pour cette joie, pour cette lumière, pour ces sons… Pour cette communion, qui, je crois, n’a jamais aussi bien… porté son nom.

ON

Aujourd’hui « on » a emmené à peu près 250 enfants courir dans la nature. « On » avait super bien organisé tout ça. Les parents de chaque classe avaient fait des équipes pour le relais. « On » a super bien couru, « on » est même arrivés devant l’équipe des instits qui s’entraînent pour toutes les courses, « on » n’était pas peu fiers… « on » les a grave chambré. « On » s’était fait faire des super tee-shirts avec écrit « Les parents des CP.B », parce que c’est la classe de nos nains. Tous les enfants de l’école avaient le même tee shirt avec le nom de leur école, ils étaient tous très beaux. Ils étaient très souriants. Ils étaient très fiers. Ils étaient tous égaux devant la ligne de départ. Ils ont tout donné. Ils ont couru dans la terre. sur l’herbe. ça montait ça descendait. ça tournait. il y avait des trous. Il y avait du soleil aussi. Il y avait des casquettes La reine des neiges et des chaussettes de sport un peu moches aussi. Il y avait des adultes qui les encourageaient… Il y avait des petits visages qui fronçaient le front et les sourcils. Il y a même eu des larmes. Mais elles ont vite été chassées. Comme «  on » n’avait pas de podium « on » en a fabriqué un avec une chaise sur laquelle les vainqueurs sont montés. « On » a fait une remise des médailles avec plein d’applaudissements, « on » a été emu(e)s. « On » nous avait fait un grand barbecue avec du rosé et des glaçons. Du pain et du fromage. Du bonheur dans des assiettes. Les 250 petits sacs à dos ont vidé leur contenu chipsé et pom’poté pour pique-niquer. Du bonheur dans leur petites mains pas lavées. Et puis après avoir couru et s’être dépassés ils ont fait ce que les mini-êtres humains savent le mieux faire. ils ont couru dans tous les sens, ils ont crié, ils ont joué, ils se sont chamaillés, ils ont rigolé. Bref, ils ont enfilé une perle de plus sur le collier des beaux souvenirs de leur enfance. « On » a passé une magnifique journée. Ce soir Je suis tellement heureuse de faire partie de ce « On » que même si en vrai, de toi à moi, je n’ai pas fait grand chose dans tout ce ON, et ben ON s’en fout en fait, parce que je te jure qu’On était bien. On était là. Ensemble. et j’espère qu’On va continuer longtemps à enfiler ces perles là sur le collier du nain, parce qu’elles sont de toutes les tailles et de toutes les couleurs, et ça fera un truc drôlement chouette et lumineux quand il le ressortira… et ça, On en est sûr.

Amoureuse

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Je crois que je suis toujours amoureuse. Toujours amoureuse de toi. Et de tout ce qui t’entoure. Toi qui es là où on ne t’attend pas. Et à la fois tellement là où on t’attend. Toi qui sais si bien sublimer les femmes. Toi qui m’as tant de fois fait vibrer. Toi qui m’as fait rire. Toi qui m’as fait pleurer. Toi qui m’as émue aux larmes. Toi qui m’as donné tant. Toi qui me fais encore tant de bien. Toi que j’observe, de loin.

Hier soir c’était ta fête. Elles s’étaient toutes parées des plus belles ou improbables robes. Eux, portaient d’inhabituels smokings. Certains diront que tu t’autocongratules, que c’est surfait. Que c’est démodé. Que c’est outrancier. Moi je dis que tu es beau. Mais Moi, je suis une midinette. Sous ton emprise. Encore. Toujours. Mais Je défie quiconque qui a vécu si longtemps avec toi de ne pas avoir gardé ce lien. De ne pas ressentir cela.  Je te regarde avec ce regard que Penelope à lancé hier soir à Javier. Et je pleure… je pleure devant ton hommage à Jeanne.

Je textote Ben qui est devant sa télé elle aussi, à 1000 km pourtant, je la sens presque là, à côté de moi dans le canapé. Mêmes larmes. Même rires. Elle, dans les bras de son nouvel amant, le coussin d’allaitement. Moi, en tailleur, face à l’écran, on mange du pop corn, salé. Et puis de la glace. Sucrée. On fait des OOOOOHHHHH et des AHHHAHAHAHA. Et son amoureux a ce sourire bienveillant et amusé de tous nos commentaires.

Vanessa préside dans cette robe chelou d’un rose moche mais que moche hein. « Y a pas de meilleur il y a juste des différences ». Ouais… mais c’est quand même bien de gagner non? Juliette Binoche fait une phrase hyper longue que je n’ai toujours pas comprise, elle a mis du gel et un décolleté plongeant. En mode Jean-Marc Barr le plongeon. Y’a des blagues pour détendre. Des blagues avec des filtres instagram dedans, celles là je les comprends. Alice Belaïdi est coiffée comme Juliette Binoche, une promo sur le gel apparemment. L’annonce du César du meilleur espoir féminin… « c’est comme le masculin mais avec 30% de salaire en moins » HAHAHAHAAHAHAHA moi je ris. Blanche Gardin est, comme à chaque fois, la plus drôle. -Les producteurs ne peuvent plus violer les actrices mais est ce que les actrices vont continuer à pouvoir coucher pour avoir des rôles- HAHAHAHAHAHAHAHA je re-ris. Beaucoup plus. Elle est super forte. Et puis Camélia Jordana en robe rose aussi – mais moins moche que Vanessa le rose-  est émouvante et vraie. Et puis l’instant suspendu. Guillaume Canet. Dès la première phrase je sais qu’il parle de Jean. Jean Rochefort. C’est beau. C’est drôle et touchant. L’hommage aux disparus. Je pleure encore un peu. Parmi les photos qui défilent celle d’un chef opérateur drôle et adorable, parti comme tant d’autres cette année. Un avec qui j’avais fait un film. Un qui n’était pas vieux du tout. Et puis la cérémonie, comme la vie, continue. Des acteurs beaux viennent remettre des césars. Pascal Elbé et Vincent Elbaz – Tiens y’a Vincent Elbaz – Clin d’oeil à la bande annonce mémorable inspirée par Orelsan. Au fait, C’est quoi cette casquette Vincent Elbaz? Enchainement de petits sketchs, un Bureau des légendes kiffant, un Eddy Mitchell désopilant. Un acteur de 120 battements bien émouvant. Et puis le César du public… Je ne sais pas quoi en penser. Alors je ne vais rien en penser, parce que juste après y a eu Johnny.  Et puis Aure Atika a débarqué avec la mythique robe de Mireille Darc dans le grand blond. Comme la vraie, à couper le souffle. Puis Marion Cotillard, emballée dans un genre pochette surprise bouffante a remis un César d’honneur à Penelope Cruz, Pedro Almodovar est venu lui faire une bise, c’était chou. Javier regardait tout ça amoureusement. C’etait re-chou. Ensuite Laura Smet a fait une petite pique sur sa famille, elle a remis son césar à Sarah Giraudeau en rose moche, je crois que c’était le thème de la soirée finalement. Et puis… Et puis Jeanne Balibar a été sacrée meilleure actrice. C’est dans une robe longue, blanche et élégante, qu’elle a fait un long et poignant discours de remerciements sous le regard fier de son metteur en scène, père de ses enfants, et ex-conjoint, Mathieu Amalric. C’est cela aussi. Ta magie.

La cérémonie a été comme d’habitude un peu longue, mais sans pupitre et un peu allégée, menée de main de maître par un Manu Payet drôle, professionnel et j’ai préféré Florence Foresti, Valérie Lemercier ou Antoine de Caunes dans ce rôle, mais il s’en est bien sorti. Toi tu as eu une jolie fête cette année, méritée. Tu m’as encore émue et touchée. Quand je te revois comme ça, dans tes habits de fête, Je sais que Je t’aime encore. Je t’ai quittéParce que tu m’en demandais trop. Le don de moi. Ce besoin d’exclusivité absolue. Ton irrégularité. Ton impatience… Je t’ai aimé comme je n’avais jamais aimé avant. Je t’ai tout donné. Et tu m’as changée. Transformée. Tu as fait de moi une femme différente. Je ne regrette rien. Pas un instant. Pas une minute. Pas un plan. Pas une séquence. Pas une feuille de service. Pas un P.A.T. Rien.

Je te souhaite d’être heureux, Même si c’est avec d’autres. Parce que c’est cela, le véritable amour. Et je vous souhaite à tous, de connaitre un jour ces papillons dans le ventre, ces étoiles plein les yeux, cette escalade d’émotions, cette explosion de sentiments.

Une passion comme celle que j’éprouve toujours pour toi, Cinéma.