Amoureuse

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Je crois que je suis toujours amoureuse. Toujours amoureuse de toi. Et de tout ce qui t’entoure. Toi qui es là où on ne t’attend pas. Et à la fois tellement là où on t’attend. Toi qui sais si bien sublimer les femmes. Toi qui m’as tant de fois fait vibrer. Toi qui m’as fait rire. Toi qui m’as fait pleurer. Toi qui m’as émue aux larmes. Toi qui m’as donné tant. Toi qui me fais encore tant de bien. Toi que j’observe, de loin.

Hier soir c’était ta fête. Elles s’étaient toutes parées des plus belles ou improbables robes. Eux, portaient d’inhabituels smokings. Certains diront que tu t’autocongratules, que c’est surfait. Que c’est démodé. Que c’est outrancier. Moi je dis que tu es beau. Mais Moi, je suis une midinette. Sous ton emprise. Encore. Toujours. Mais Je défie quiconque qui a vécu si longtemps avec toi de ne pas avoir gardé ce lien. De ne pas ressentir cela.  Je te regarde avec ce regard que Penelope à lancé hier soir à Javier. Et je pleure… je pleure devant ton hommage à Jeanne.

Je textote Ben qui est devant sa télé elle aussi, à 1000 km pourtant, je la sens presque là, à côté de moi dans le canapé. Mêmes larmes. Même rires. Elle, dans les bras de son nouvel amant, le coussin d’allaitement. Moi, en tailleur, face à l’écran, on mange du pop corn, salé. Et puis de la glace. Sucrée. On fait des OOOOOHHHHH et des AHHHAHAHAHA. Et son amoureux a ce sourire bienveillant et amusé de tous nos commentaires.

Vanessa préside dans cette robe chelou d’un rose moche mais que moche hein. « Y a pas de meilleur il y a juste des différences ». Ouais… mais c’est quand même bien de gagner non? Juliette Binoche fait une phrase hyper longue que je n’ai toujours pas comprise, elle a mis du gel et un décolleté plongeant. En mode Jean-Marc Barr le plongeon. Y’a des blagues pour détendre. Des blagues avec des filtres instagram dedans, celles là je les comprends. Alice Belaïdi est coiffée comme Juliette Binoche, une promo sur le gel apparemment. L’annonce du César du meilleur espoir féminin… « c’est comme le masculin mais avec 30% de salaire en moins » HAHAHAHAAHAHAHA moi je ris. Blanche Gardin est, comme à chaque fois, la plus drôle. -Les producteurs ne peuvent plus violer les actrices mais est ce que les actrices vont continuer à pouvoir coucher pour avoir des rôles- HAHAHAHAHAHAHAHA je re-ris. Beaucoup plus. Elle est super forte. Et puis Camélia Jordana en robe rose aussi – mais moins moche que Vanessa le rose-  est émouvante et vraie. Et puis l’instant suspendu. Guillaume Canet. Dès la première phrase je sais qu’il parle de Jean. Jean Rochefort. C’est beau. C’est drôle et touchant. L’hommage aux disparus. Je pleure encore un peu. Parmi les photos qui défilent celle d’un chef opérateur drôle et adorable, parti comme tant d’autres cette année. Un avec qui j’avais fait un film. Un qui n’était pas vieux du tout. Et puis la cérémonie, comme la vie, continue. Des acteurs beaux viennent remettre des césars. Pascal Elbé et Vincent Elbaz – Tiens y’a Vincent Elbaz – Clin d’oeil à la bande annonce mémorable inspirée par Orelsan. Au fait, C’est quoi cette casquette Vincent Elbaz? Enchainement de petits sketchs, un Bureau des légendes kiffant, un Eddy Mitchell désopilant. Un acteur de 120 battements bien émouvant. Et puis le César du public… Je ne sais pas quoi en penser. Alors je ne vais rien en penser, parce que juste après y a eu Johnny.  Et puis Aure Atika a débarqué avec la mythique robe de Mireille Darc dans le grand blond. Comme la vraie, à couper le souffle. Puis Marion Cotillard, emballée dans un genre pochette surprise bouffante a remis un César d’honneur à Penelope Cruz, Pedro Almodovar est venu lui faire une bise, c’était chou. Javier regardait tout ça amoureusement. C’etait re-chou. Ensuite Laura Smet a fait une petite pique sur sa famille, elle a remis son césar à Sarah Giraudeau en rose moche, je crois que c’était le thème de la soirée finalement. Et puis… Et puis Jeanne Balibar a été sacrée meilleure actrice. C’est dans une robe longue, blanche et élégante, qu’elle a fait un long et poignant discours de remerciements sous le regard fier de son metteur en scène, père de ses enfants, et ex-conjoint, Mathieu Amalric. C’est cela aussi. Ta magie.

La cérémonie a été comme d’habitude un peu longue, mais sans pupitre et un peu allégée, menée de main de maître par un Manu Payet drôle, professionnel et j’ai préféré Florence Foresti, Valérie Lemercier ou Antoine de Caunes dans ce rôle, mais il s’en est bien sorti. Toi tu as eu une jolie fête cette année, méritée. Tu m’as encore émue et touchée. Quand je te revois comme ça, dans tes habits de fête, Je sais que Je t’aime encore. Je t’ai quittéParce que tu m’en demandais trop. Le don de moi. Ce besoin d’exclusivité absolue. Ton irrégularité. Ton impatience… Je t’ai aimé comme je n’avais jamais aimé avant. Je t’ai tout donné. Et tu m’as changée. Transformée. Tu as fait de moi une femme différente. Je ne regrette rien. Pas un instant. Pas une minute. Pas un plan. Pas une séquence. Pas une feuille de service. Pas un P.A.T. Rien.

Je te souhaite d’être heureux, Même si c’est avec d’autres. Parce que c’est cela, le véritable amour. Et je vous souhaite à tous, de connaitre un jour ces papillons dans le ventre, ces étoiles plein les yeux, cette escalade d’émotions, cette explosion de sentiments.

Une passion comme celle que j’éprouve toujours pour toi, Cinéma.

La quatrième dimension

J’ai récemment découvert un nouvel univers. Un univers parallèle. Un monde dans lequel le temps et l’espace ne sont plus les mêmes. Un monde ignoré d’un pan entier de l’humanité. Un monde auquel je n’avais jusque là pas eu accès. Je ne sais pas encore comment le nommer. Mais celles et ceux qui y sont déjà allés le reconnaitront… Ce monde peuplé de créatures qui nous ressemblent mais qui sont si différentes… Ce monde auquel seule une certaine partie des humains à accès. Le monde des parents qui ne travaillent pas. Et par conséquent… qui s’occupent de la vie « périscolaire » de leur enfant. Ouais, cet espace situé entre 16h30 et 19h en semaine… Tu crois que c’est rien… Mais laisse moi te dire que tu te trompes…

La plus grosse découverte a pour moi été la sortie des classes à 16h30. Première fois en 3 ans. c’est un peu chelou je te l’avoue… Bon, déjà, saches le, c’est un légende urbaine, ça sonne à 16h20 en fait, et crois le ou non, des personnes comme vous et moi, normalement constituées, se massent devant les grilles de l’école dès 16h10… Pourtant c’est immuable, la « cloche » comme ils disent, ne sonnera pas avant 20. Mais ils sont là. ils veillent. Ils se toisent. Petits sourires, parfois complices et en meme temps hypocrites, coups d’oeil aux montres. iPhone en main, comme pour donner l’alerte, on ne sait jamais, le B613 est peut être embusqué… Positions statiques. Certains remuent un peu. Plus l’heure avance, plus ils se rapprochent de la grille. On prend position… des fois que.. on ne sait jamais… Moi je vous avoue, perso, je suis un chanceuse… j’ai été initiée par des « anciennes » des qui savent. Alors pour ma première sortie des classes j’étais moins stressée. Mais quand meme, ça te met un petit coup de pression. Bon, je te rappelle que mon fils fait normalement partie des plus jeunes de l’ecole, rapport à ce qu’il est en CP, mais apparemment devant l’école on s’en fout. Pas de discrimination. Si Ton fis a 10 ans. Viens, colle toi à la grille, il pourrait te manquer et aller s’écraser contre… Contre rien en fait. Tu le trouverais. Mais ouais, il faut etre là. Pour montrer que t’es là sans doute. Moi j’avais pas trop le stress de le rater, mais bon, étant donné l’occupation du terrain par les autres, je me suis posée des questions.

Je sais pas chez vous, mais nous on a 2 grilles. Chez nous l’enfant aurait vraiment du mal à s’expluser de l’école pour se retrouver dans la nature…. Mais les parents sont là. je veux dire LÀ. Et du coup moi aussi. J’ai assisté à l ‘ouverture des grilles. Un espèce d’accouchement avec péridurale. Le truc pas douloureux hein, attendu… et qui ressemble en tout point à une délivrance. Un peu comme si ça faisait des heures que ça montait et tout d’un coup… Ils sortent. Allez y madame, poussez…

Survoltés. Débraillés. Fatigués. Excités. Peinturlurés. Eux, pour pousser la métaphore jusqu’au bout, gueulent… Mais ils sont heureux. Comme disait l’autre « l’école est finie. » J’ai vu le mien. Et puis je ne l’ai plus vu. Je l’ai senti. Il a accroché mon gilet. Mamaaaan. Dans ce maman y’avait de tout. Comme dirait mon nouvel ami Orelsan, Simple et Basique. Maman. LA Base. La simplicité. ce sourire. Son sourire. Et puis il trace. Il suit les autres. Et toi tu suis les autres. Instinct grégaire. Simple et basique. On se retrouve dehors. On tente une discussion… mais non, c’est pas l’endroit… De l’instantoù il t’a vu il n’a bien sûr plus tourné ka poignée de son cartable que tu raines désormais… Naturellement. Tu tentes un « Ferme ta veste » mais il ne t’écoute pas, il parle. Il déblatère un monologue qui n’attend aucune réponse. Tu souris. Sans doute parce que c’est ta première fois.

Chacune reprend sa voiture. Et là. Là. tu comprends ce que c’est que le bordel. La N118 un soir de neige en fait. Sors du parking de l’école à 16h35, et tu seras un homme, MEUF.

Le nain continue de parler. Tu mets la radio plus fort. tu souris moins…

Attends, ton mardi n’est pas fini. après, le mardi, il a KARATE. c’est à 17h. T’es large. On a la boite à gouter. BIEN SUR on a le sac de karaté. On est bien. On se gare. Il mange ses cookies. Tu l’aides à ouvrir son candyup parce que t’as peur qu’il s’en foute partout, c’est vrai ça, comment il fait sans toi depuis 5 mois? C’est vrai. Il y arrive. Mais là, comme tu es là, c’est bien que tu le fasses. On va au karaté. Je l’aide à enfiler le pyjama règlementaire, il a pas mis la coquille, vas-y, enlève le pantalon et mets la coquille…remets le pantalon… Les lunettes. Ha, tu gardes pas les lunettes? OK OK, donne les moi. OK. Et la ceinture! maman! Attends on va demander à Sandrine ou Annabelle, ELLES, elles savent faire le noeud. Ouais. Progrès à faire. Bon, c’est pas tout ça, mais on va aller boire un coup parce que… Parce qu’on va te laisser prendre ton cours tranquille hein. (et surtout ça sent les pieds mon chat hein). Allez, bon cours! Ouais voila, c’est comme ça que tu te retrouves à boire une despé à 17h15 un mardi soir avec une autre maman. Et tu passes meme un bon moment en fait. Tu reviens à la fin du cours. il est ravi de te voir. RE-venir le chercher. Sylvie te dit de pas oublier la compète de samedi hein. NOooooooon, bien sur que tu n’oublies pas. Elle te donne l’écusson du club qu’il faut coudre sur le kimono… Bêtement tu lui demandes où il faut le « coudre » … Elle te répond «sur le coeur » . Tu dis « Ha, ça va lui faire mal quand meme ». .. Elle ne rigole pas. Sylvie est premier degré. Tu te rattrapes en disant que tu vas le mettre sur le kimono. Tu fais la maline hein, mais le lendemain tu sors ta trousse de couture et tu mets une heure à coudre le truc sur le kimono propre. Toi t’appelles ça un pyjama, ça ressemble quand meme beaucoup… mais Tu l’as même repassé pour la compète. T’as beau faire celle qui est détachée, ça te prend aux tripes. C’est pire que si c’était toi. C’est meme encore mieux que ça. c’est MIEUX que si c’était toi. Il est ta plus belle réussite.

Je déteste ce mot. REUSSITE. mais il est ça. y’en a pas d’autres. Aujourd’hui j’ai du temps pour lui. Du temps qui n’a pas de prix. J’ai zéro patience et j’ai pas lu tout le mode d’emploi, mais je te jure que je vais continuer d’essayer d’être une bonne maman. Nan, pas celle de la confiture mon chat. Celle qui te met de la musique fort fort et qui chante avec toi. Celle qui a les larmes aux yeux quand tu lui ramènes une médaille de n’importe quoi. Celle qui oublie ta trousse dans le cartable. Celle qui te lave pas tous les jours. Celle qui connait les prénoms de tous tes copains de classe. Celle qui t’engueule parce que t’as encore cassé ton cartable, celle qui te bat à Mario kart 8, celle qui te rachète des mini-saucissons parce que c’est tes préférés, celle qui te prend en photo quand tu dors, celle qui t’avait rêvé moins bien que ce que tu es chaque jour et qui pensait même pas que c’était possible. celle qui t’as mis PALLADIUM à fond hier et à qui tu as dit:

⁃ Mais maman, on peut pas boire du rock’n’roll !

⁃ ben si, il suffit d’avoir un verre!

Et toi tu as ri.

Mot d’excuse

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Chère madame Maestra,
Je vous prie de bien vouloir excuser l’absence de mon génie de fils Jeudi et Vendredi dernier, mais malheureusement le pauvre enfant a été victime d’un virus de type « probablement grippal » d’après une personne diplômée de médecine qui l’a ausculté et qui m’a pris 25 euros pour me donner une ordonnance sur laquelle il est écrit qu’il faut lui donner les antibiotiques « SI BESOIN » ça n’a rien à voir avec vous, mais il m’est difficilement concevable que quelqu’un qui a fait 9 ans d’études me laisse moi, diplômée de Netflix, décider si oui ou non, mon enfant a besoin de tel ou tel traitement. Bref,  vous aurez compris qu’il n’était malheureusement pas en état de venir suivre vos cours trop choupis à base de Syllabes qu’on mime avec ses doigts pour apprendre à lire. J’espère que je pourrais malgré cela l’inscrire à Polythechnique, ou mieux, à koh lanta, afin de lui garantir un avenir radieux.
Je me permets de vous le renvoyer en classe ce lundi parce que malgré la toux et le nez qui coule, il n’a plus de fièvre et je pense que l’un de nous deux est en danger de mort si nous passons une journée de plus dans le même espace confiné. Il me semble, de ce que j’ai pu apprécier depuis la rentrée scolaire que vous êtes bien plus compétente que moi dans cet art, je crois que vous partagez la cage de 21 de ces êtres étranges dont le comportement est incompréhensible, dicté par leurs envies et sans aucun filtre… Je crois que vous appelez ça des « enfants », personnellement, rester enfermée avec un spécimen de 6 ans, même le mien, pendant 5 jours, c’est dans les limites de mes capacités et compétences. Je vous en laisse donc le loisir, car il semblerait meme que vous appréciez leur compagnie. J’ai fait des découvertes spectaculaires pendant ces journées non-stop avec celui que j’ai pourtant moi-même mis au monde et que jusque là je croyais avoir « éduqué » Ha. Ha. Ha. C’est là que vous allez rire. (en lisant ces lignes, gardez à l’esprit que je l’aime, qu’il est ma chair et mon sang, et ne me jugez pas…)
Saviez vous que dans la meme journée, on peut se moucher dans la housse de couette en lin de sa mère, renverser son chocolat chaud, s’essuyer les mains pleines de nutella sur un coussin du canapé et mettre de l’eau partout en prenant un bain? Si. C’est possible. Et le tout, sans même (presque) se faire (trop) engueuler. #sergelama #jesuismalaaaaaade
Savez vous combien de fois par jour un être humain peut dire « Mets ta main devant ta bouche quand tu tousses »?
Savez vous qu’un enfant peut renifler toute la vie sans jamais ressentir le besoin de se moucher? Savez vous qu’il peut le faire très près de votre visage? Savez vous qu’un enfant qui a de la fièvre et qui délire la nuit peut vous rejouer l’exorciste en chantonnant en murmurant A MONSIEUR PO A MONSIEUR LI  A MONSIEUR CHI A MONSIEUR NELLE A MONSIEUR POLICHINELLE ? Savez vous que l’enfant a des degrés de maladie très divers qui dépendent de l’activité que vous lui proposez ? Exemple : « Viens on fait les Devoirs », maladie à 9,5 sur un échelle de 1à 10, qui soudain descend à 3 ou 4 si vous proposez un petit Mario Kart 8 à la Switch, mais qui remonte à7 si vous le battez.  Savez vous qu’un enfant malade abuse de sa position d’enfant malade en réclamant des trucs du genre « des cookies, mais pas ceux là »…  en accentuant sa petite voix ou en penchant la tête? Savez vous qu’un enfant qui déteste le gout du doliprane et de l’advil (qui est le meme) est un tout petit peu « compliqué » à soigner quand il a 40,3 de fièvre? Savez vous qu’un thermomètre rectal est également buccal? ça dépend de sa première utilisation. Nous avons bien ri.
Oui. Vous, vous savez. Mais moi, je ne savais pas. et là il va me falloir un peu de temps pour décompresser… Parce que tout ce stress…  Alors je voulais vous demander une petite faveur, j’ai un peu réfléchi au truc et… comme je ne vous l’ai pas mis en classe pendant 2 jours…  est ce du coup,  je pourrais vous le laisser… disons… jusqu’à disons mardi soir? ça ne fait que 2 petites journées et une seule nuit… Je lui ai mis une tenue de rechange dans son cartable pour mardi. Mais là il faut que je souffle un peu. Comprenez moi… Et puis…  je vous rappelle que vous êtes payée avec mes impôts… donc quelque part vous êtes un peu… mon employée. Cet enfant vous adore. il vous adule meme…  Et moi je suis si fatiguée…
Non je déconne. Vous avez cru que j’étais sérieuse? Mais… vous voulez le prendre ? Ho ça va… Bien sûr… Je serai là à 16h30 pour le récupérer, ce sera la première fois en 3 ans que je viens à 16h30, je crois que je vais découvrir un nouveau monde. J’espère qu’il n’est pas trop proche de la faille spatio-temporelle dans laquelle je vis depuis mercredi…  et qu’il ne va pas continuer dans la voie qu’il pense avoir ouverte:  ma-mère-mon-esclave. Mais il va vite comprendre je pense.
Mais je m’égare… C’était un peu long pour un mot d’excuse, pardonnez moi, mais il fallait que je vous raconte… parce que VOUS vous pouvez comprendre. VOUS, vous savez. vous parlez leur langage…
Et je voulais vous demander… un peu comme une faveur… si… un jour, Madame Maestra,  si vous pourrez nous dire? Nous donner le secret?  Hein? comment vous faites? Qu’est ce que vous prenez? ou qu’est ce que vous leur donnez? Nan parce que y’a quelque chose, c’est pas possible autrement….
Bon, je vous prie de croire, Madame Maestra , en l’assurance de plein de trucs hyper distingués, et surtout en toute ma compassion pour ces 5 mois et demi qui restent…  avant une nouvelle fournée…
Allez, bisous.
PS : appelez moi si vraiment il est pas bien… Je viendrai le récupérer. OU PAS Hahahahahahahahahaha (vous n’avez pas d’humour?)

Frites, Skype, et playmobils

Et puis y a le lundi soir. Le premier jour de la semaine, celui qui donne l’impulsion. Celui qui rime avec… ben ce soir avec gastronomie. Frites et steaks hachés surgelés « mais au kepcheup maman» ouais, ceux qui ont le goût d’oignon. C’est mes préférés (ouais, j’ai AUSSI un goût très sûr pour les surgelés). Dans le frigo y a plus que des bouteilles. De vin. De lait. De jus de banane. De jus de tomate. On est comme ça, on est éclectiques du jus nous. Y a aussi des activia à peine périmés et du fromage en plastique qui lui ne périme jamais, celui qu’on met dans les hamburgers. Meme nous, on arrive pas a le manger périmé… c’est dire. Donc on a tapé dans le congélo toujours plein et on a trouvé du bonheur en très froid…

Dans le couloir qui mène à sa chambre, son poncho en éponge dessiné par edicathlon Slimane a été abandonné là. Comme si l’enfant s’était évaporé dedans en courant. Je l’enjambe soigneusement, il le ramassera bien sûr spontanément en le voyant tout à l’heure…. J’entends des bruits secs de plastique qui s’entrechoque et il chantonne. Je reconnais distinctement « qui a eu cette idee folle un jour d’inventer l’école » ha oui. C’est lundi. La tarée qui fait cours de chant est venue dans la classe. Ceci explique cela. J’ai passé ma tête dans l’encadrement de la porte et je le vois, concentré, cheveux mouillés, il s’acharne à dézinguer pièce par pièce le centre équestre playmobil. Je râle un peu. « c’est parceu queu avec les plaques je fais autreu choz, regarde! Une prison! » ouais. Une prison. Cool! Mais Pourquoi ils ont ce besoin de fabriquer des prisons? Le mini être humain est tellement libre dans sa tête qu’il a besoin de construire des barrières. Si tu savais combien on va t’en mettre après des barrières… mais tu sais pas. Toi tu fabriques des prisons. Des barrages. Tu montes les murs les plus hauts. Et puis un jour. Un jour ta seule envie sera de les faire voler en éclats. « Tu sais maman, avant c’était déjà une prison pour les chevals, avec là le truc pour l’eau, et là pour qu’il prende ses croquettes… ça mange des croquettes un cheval dis? ». Ouais ça doit manger des croquette pour cheval… je vais faire à dîner, quand je t’appelle tu viens ok? -ok- au bout de combien de fois? -une fois- voilà, le deal est passé. J’ai fait cuire les steaks, il est venu me montrer un truc sublime marron et jaune qui semblait être un demi box de cheval mais qui était pas du tout ça tu comprends rien. Il a trébuché à l’aller et au retour sur le poncho humide. Il est venu diner tout de suite quand je l’ai appelé. Je lui ai mis son programme télé préféré… Son papa en skype et en plein écran sur l’ordinateur de maman. Après il nous a même fait un café chacun avec sa nespresso en dinette, et on a super bien rigolé quand il a passé son café à papa et que papa l’a réceptionné en faisant apparaître une tasse sur son écran. Éclats de rire. Il est fort ce papa. Il nous a repassé la tasse pour la réchauffer un peu dans le micro onde. On la lui a repassée…. On aurait pu faire ça toute la nuit tant il rigolait de bon coeur à chaque fois qu’on le refaisait, mais y a école demain, alors on va aller au dodo. On a dit bonne nuit papa. Tu raccroches toi nan c’est moi nan c’est toi nan c’est moi à 3. 1.2.3. Il est allé se coucher. Une fois dans le lit il m’a appelée pour un Bisou et une histoire. Comme il était déjà un peu tard j’ai raconté une histoire un peu courte. Celle d’un poncho magique, qui retourne se mettre tout seul derrière la porte de la salle de bains. Il habite au pays magique des habits magiques, ceux qui se jettent seul dans les paniers de linge sale. Et il est copain avec le pyjama magique qui se remet sous l’oreiller tous les matins… il a rigolé… il a dit que c’était pas une vraie histoire. J’ai dit qu’en revanche c’était un vrai poncho… je lui ai enlevé ses lunettes et je lui ai fait des bisous. J’ai laissé la porte ouverte et la lumière de la salle de bain. Et puis J ai aidé le poncho pas si magique à retrouver son chemin… bonne nuit mon amour, et ne rêve pas trop de prison de chevals…

Comme un goût de poussière

J’aime pas le lundi. Remarque, y a pas beaucoup de gens qui aiment. Le lundi c’est comme les hôpitaux. Tu trouves jamais de gens qui te disent « Moi j’adore les hôpitaux » ou les contractuelles… ou les mon chéri… Tu connais des gens qui aiment les mon chéri? Bref. Le lundi c’est comme un mon chéri.

Celui là il suit ce qu’on pourra qualifier de week end le plus moisi de 2018. Pas trop dur tu me diras, étant donné que c’est le premier, mais on aura du mal à faire moins funky. Je te dresse le tableau : Vraie gastro. T’es au fond de ton lit alors que Samedi y’a un ciel bleu à faire pâlir Yves Klein et le nain est encore chez son père. Tu es donc seule et tu pourrais « profiter», mais non, tu restes à une distance raisonnable de ton meilleur ami du moment : Jacob Delafon tout en sirotant La boisson la moins hashtagable de la vie : Le smecta à la fraise #smectafraise. Note pour plus tard, ne plus jamais obliger le nain à en boire, c’est VRAIMENT, dégueulasse. Mais la loose ne s’arrête pas là… Etant donné que tu as fini les 2 saisons de Stranger Things tu te dis que tu vas te mater Love Actually en essayant de te motiver pour défaire le sapin de Noel qui a exactement la même gueule que toi (n’essaie pas de visualiser)… Le climax de ton week end résidant dans ce moment où Hugh Grant danse sur les Pointer Sisters et où tu remues un peu la tête… Ouais tu peux le dire, on atteint des sommets. Tu t’es translatée dans le canapé avec un plaid et tes chaussons-chaussettes fourrées en pilou-pilou. Tu portes à 15h ton pyjama de Noel « TEAM RUDOLPH » et sur ton macbook pro ouvert sur le canapé, dans la barre de recherche google on peut lire « MOURIR D’UNE GASTRO ENTERITE ». Tu as touché le fond, et tu creuses encore.

Tu remets lentement Melchior, Gaspard et Balthazar avec le boeuf, l’ane et tous leurs potes dans une boite. tu mets cette boite dans une autre boite. Elle ira en rejoindre plein d’autres dans l’abri de jardin. Avec, tu sais pas pourquoi cette étiquette « XMAS » parce que tu t’es crue bilingue le jour où t’as fait l’étiquette sans doute.

Tu t’es donc hissée hors du canapé et Tu retires maintenant chaque boule de chaque branche toute sèche. ce qui prend, on est d’accord, autant de temps que de les mettre. Mais en environ 70 fois moins festif.

Tu réussis à retirer les guirlandes lumineuses qui s’entrecroisent sans te prendre le sapin sur la gueule, ce qui n’est pas gagné d’avance étant donnée ta méthode : Tirer jusqu’à ce que ça vienne, mais il est resté debout: fierté. Du coup Tu fais 2 grosses pelotes et tu te dis que tu les démêleras l’an prochain, et l’an prochain tu pesteras, comme cette année, avec ton bonnet de père Noël clignotant, ta bonne humeur et ton nain, que c’est quand même pas compliqué de démêler avant de ranger. Si. Je t’assure, Ça l’est.

Tu as mis toutes les boules dans une boite. Celles avec des étoiles. Celles transparentes. Et celles avec dessus MAKE YOUR DREAMS COME TRUE. Tu as regardé la boite un moment avant de la fermer. Tu lisais cette phrase. Et tu as philosophé un instant dans ta tête sur les rêves qui comme des boules sont rangés dans des boites et qu’on ressort juste de temps en temps mais qu’on range bien précieusement avec du papier de soie autour, pour pas les abimer. Tu as filé ta métaphore pourrie entre les rêves et les décos de Noel, et tu t’es mise à te dire que les rêves il fallait les réaliser, ouais, attraper sa vie à pleines dents ou croquer sa vie à pleines mains, tu sais plus, mais en tout cas faire un truc. Tu es partie encore un peu plus loin en rangeant l’étoile, un peu le rêve suprême. le truc qui te titille depuis toujours. Ton étoile à toi. Celle que tu devrais suivre. C’est quoi. T’as bien réfléchi. Et puis… Et puis T’as fermé la boite. T’as fait une pile de boites que tu monteras demain dans l’abri de jardin. Procrastination, ton deuxième prénom.

Tu t’es demandée si tes rêves allaient tous finir dans l’abri de jardin. Et puis t’as re-bu un smecta à la fraise. C’est important de préciser à la fraise parce que déjà le smecta en soi, c’est pas bon, ça a ce goût de poussière… mais alors à la fraise, c’est vraiment pas possible. Mais la peur de faire partie des 219 000 morts par an de la gastro était bien plus forte que le gout. Merci google.

Après ce samedi tu as eu, comme tu t’en doutes un dimanche à peu près du meme genre mais en moins malade. Maman t’a appelée pour te dire que France Gall était morte. T’as rangé toute la chambre du divin enfant qui rentre demain après 10 jours d’absence, t’as trié les playmobils -évideeeeeeemmmmment- evideeeeemmmment on danse encore sur des accords – t’as Jeté des milliards de petits bouts de papiers découpés petit petit – Quand je suis seule et que je peux rêver, je rêve que je suis dans tes bras- t’as fait le tri dans ses affaires – Je suis une poupée de cire une poupée de son Mon coeur est gravé dans mes chansons – tu as Changé son lit de place – tape sur des tonneaux sur des pianos sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains- et puis la commode – quelque chose dans la voix qui parait vous dire viens- Et passé l’aspirateur -cherche ton bonheur partout vas, refuse ce monde Egoiste – remis le tapis en place -Il jouait du piano debout, c’est peut etre un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup- Mis toutes les peluches en rang d’oignon sur le lit – Et que chacun se mette à chanter et que chacun se laisse emporter – et puis chaque chose était à sa place. T’as arrêté spotify. Y’a eu du silence. Et les boites dans le couloir. Qui te toisent.

Et tu t’es dit qu’en fait tu l’aimais bien France Gall. Longtemps tu as dit qu’à part jeter sa frange en avant elle faisait pas grand chose. Mais t’étais seulement jalouse. Tu repenses à l’été de tes 14 ans où tu as appris la mort de Michel Berger. Et où ton cœur d’adolescente s’est brisé et s’est demandé pourquoi. Comment. Comment on pouvait nous reprendre tout ce talent. Toute cette sensibilité. Tous ces mots qui te parlaient tant à toi. Et là, dans ce couloir. tu l’entends. Et tu l’écoutes.Tu écoutes ce silence. Béant. Ouais. Ca existe pas un silence béant, mais celui là, il est comme ça… et tu l’entends…

Ce qu’il reste de vous

immobile et debout

une minute de silence

ce qu’il reste c’est tout

de ces 2 coeurs immenses

et de cet amour fou.

On est plus lundi. Lundi soir Le nain est rentré. Ignorant tout, la gastro, le sapin, les rêves, les boites, France Gall… et… la fille à côté de lui a vomi dans l’avion a cause de toutes les turbulences. Elle s’appelait Lola. Tu vois, la réalité c’est ça. Et je la surkiffe la réalité.

Allez, bisous.

Ensemble

Y avait des paillettes et des bulles de champagne. Des filles qui parlent fort et qui se foutent bien de comment on les regarde. Y’avait ce couple d’amoureux venu entrer dans une nouvelle année dans un chouette restaurant pour une soirée sûrement romantique et qui ne s’attendaient pas à cette table de 16 dont quelques barges juste derrière eux… Y’avait cette table de jeunes qui avaient l’air déjà vieux dans leurs têtes et qui ne faisaient pas de bruit… Y’avait la cheminée qui crépitait mais qu’on entendait pas. Y’avait l’enceinte qui crépitait aussi et qu’on a bien entendue. Y avait celles qui n’étaient pas là mais qui étaient un peu là quand meme parce qu’on les voyait en photos et en vidéos et qu’on rigolait avec. Y’avait tous nos téléphones qui n’ont pas téléphoné mais qui ont bu du champagne par moments. Y’avait des paires de chaussures à talons qui font mal aux pieds mais qui font de très belles jambes et des uggs dans des sacs qui sont sorties après minuit. Y’avait des petits feux d’artifice dehors que y’a que moi qui les ai vu et qu’on m’a prise pour une folle. Y’avait des collants qu’on avait peur de filer sur des chaises en paille. Y’avait une culotte en dentelle qui gratte qui a lancé toute une discussion sur le fait de porter ou pas des culottes. Y’avait une discussion sur les poux qui était en fait une métaphore mais en fait pas vraiment parce qu’y en a qui avaient vraiment des poux. Y’avait de la musique. Y’avait du champagne. Y’avait ces filles qui sont super belles du dedans, mais ce soir là… elles avaient mis un peu plus de noir sur leurs yeux comme dirait Dalida, et du coup elles étaient super belles du dehors aussi. Y’avait des rires en pagaille. Y’a eu une recherche sur google des rimes en -ITE pour aller avec deux-mille-dix-huit. Très fructuante vous vous en doutez. Y’avait des cris. Des photos. Des films. Des assiettes bien pleines et des enfants fatigués. Et puis… Et puis à minuit moins 5 les nains ont débarqué. On était encore en train de manger, ils ont fait une pause sur leurs ipads-switch-kidizoom et autre virtualités, pour venir se serrer contre leurs géniteurs et génitrices et entrer collés dans la nouvelle année. Et là, juste là, je l’ai sentie. collée à moi. L’absence. Elle était venu avec le vide. Ils s’étaient bien planqués tous les 2 jusque là, mais ils ont surgi. Et moi Je cherchais presque ses petites lunettes entre 2 doudounes qui arrivaient de l’extérieur. Je savais qu’il était de l’autre côté de la Méditerranée et qu’il n’allait pas apparaitre comme par magie. Alors J’ai voulu regarder ailleurs que toutes leurs étreintes. Mais ils étaient partout. Et lui nulle part. Et puis Des bras bienveillants m’ont serrée fort et mes yeux se sont tout mouillés. Il n’est pas entré en 2018 avec moi. Et ça vous savez, en fait, ça n’est pas triste. Pas triste du tout meme . Bien sûr qu’à cette instant j’aurais donné n’importe quoi pour le serrer. Et meme fort fort. Mais ce qui n’est pas triste c’est qu’il était avec son papa. Et qu’il était bien. Et moi j’étais avec elles. Avec eux. On était ensemble. Ensemble. Plein de rires. Plein de joies. Plein de danses. Plein de chants. Plein de trucs qu’on allume et qui font un feu d’artifice d’intérieur mais qui après font de la fumée qui pue. ET J’espère que mon 2018 sera comme ça. Et le votre aussi (nan pas plein de fumée qui pue) : Ensemble. Avec plein de Ensemble. Parce que si on peut bien se souhaiter à tous quelque chose, c’est ça. A quoi bon les chouettes projets, les beaux voyages, les moments magiques, la santé et la prospérité si ce n’est pas pour les partager avec ceux qu’on aime…. Je vous souhaite à tous plein de Ensemble pour cette année, avec un soupçon de Pace è Salute et un zeste de Céline Dion par dessus quand meme… Je nous souhaite une année drôle, belle et Ensemble, c’est tout. (©Anna Gavalda hein)

Bisous les copains à très vite dans la vraie vie. Je vous kiffe. Et encore plus en 2018.

CHER PAPA NOEL

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Cher papa Noël, 

D’abord je voudrais te dire que je te kiffe, j’ai jamais trop bien compris le délire du port du bonnet en intérieur, mais à part ça, je te trouve vraiment sympa. Tout le monde t’écrit avant Noël pour la fameuse liste, y compris moi hein, mais du coup comme tu as été super giga cool avec moi,  je me suis dit que j’allais t’écrire après, pour te raconter notre noël à nous. Et te dire combien je suis content, et te faire marrer un peu aussi, parce que chez nous, Noël, c’est pas que joli, c’est aussi très drôle. Enfin, selon où on se place… D’abord il faut que tu saches que cette année on a fait Noël chez nous : Maman et moi. Du coup maman était un peu au taquet de la rangitude et de la propritude de la maison, à la limite du pénible. Elle a utilisé des accessoires de l’aspirateur qu’elle savait même pas à quoi ça servait. Elle a sorti des produits ménager de dessous l’évier qu’on savait même pas qu’on les avait! Après elle a fait une trop chouette table avec de la lumière dessus, et des sapins tout petits, elle avait même acheté une nappe en tissu… C’est peut être un détail pour vous, mais pour elle, laisse moi te dire que ça veut dire beaucoup. Elle a même mis un autre bout de nappe par dessus dans l’autre sens et elle m’a dit que c’était un chemin de la table ou un truc comme ça… elle a mis des trucs en forme d’ananas dorés pour mettre les noms des gens dessus, ce qui est un peu chelou parce que les ananas je vois pas trop le rapport avec Noel, et qu’en plus on connaissait déjà les noms des gens qui venaient, mais c’est maman qui décide. Je ne pose pas de questions, ça l’énerve. Et maman c’est mieux qu’elle soit pas énervée (si, si, je te jure)… 

On avait fait un sapin trop canon, mais ça tu l’as vu quand t’es passé, je t’avais mis le train de noel lego qui tournait en dessous, on se serait cru dans un téléfilm de M6 où à la fin tout le monde est amoureux ou retrouve son chien…  

Maman avait préparé un apéro de dingo, elle avait même mis de la purée de potiron dans des petits verres ridicules qu’elle m’a dit que ça s’appelait des verrines de butternut au cumin, mais je te jure que en vrai c’était de la purée de potiron dans des verres. Tata est arrivée en avance avec mon cousin (celui qui est tout petit et qui touche à tout) pour « aider ». Maman s’est un peu énervée quand mon cousin l’a « aidée » en se suspendant aux rideaux de sa chambre, ce qui a arraché la tringle et les chevilles du mur. J’ai entendu beaucoup de gros mots, dont un qui commence par pute et qui finit par -ain mais que j’ai pas le droit de le dire. Mais maman l’a dit pleeeeeeein de fois. Après, comme maman était déjà de très très bonne humeur, mon autre tata lui a demandé comment elle allait s’habiller pour le réveillon. Et comme apparemment elle comptait rester habillée comme elle était, elle a fait une tête un peu comme quand le matin dans la voiture elle se rend compte qu’elle a oublié la boite à gouter dans le cartable, et qu’elle est moitié surprise, moitié sursaoulée, moitié au bout de sa vie. ça fait 3 moitiés, mais c’est vraiment une tête bizarre. Donc au lieu de se changer elle est allée chercher dans la boite à outil de quoi refixer la p*tain de tringle, et comme elle est super forte elle a tout réparé, et elle a crié sur mon cousin que c’était très, mais très vilain. Lui il souriait. Et ça, il faut pas le faire quand maman te gronde. Pour se calmer, maman est allée AIDER papy a ouvrir les huitres et les oursins. Dans ma famille on a une notion de l’AIDE bien particulière, Aider papy ça consiste précisément à lui dire « T’en es où? » « T’as ouvert que ça? » « Tu vas tout ouvrir? » ça l’aide pas, mais comme ça, au lieu de s’engueuler avec mamie, il s’engueule avec maman. ça fait un genre de diversion. c’est aussi une façon d’aider. Elle a aussi décoincé la pince à oursins qui était grippée, parce que je te le dis, ma mère, c’est super héros.  

Après on a commencé l’apéro. Nous, on est allés jouer dans ma chambre avec mon tonton et mon cousin, et pendant ce temps là, tu es passé ! Ouais, chez nous tu passes le soir, maman m’a expliqué que tu pouvais pas tout faire pendant la nuit, du coup tu prends un peu d’avance en passant chez nous pendant l’apéro, parce qu’on est pistonnés, apparemment tu étais en classe avec mamie ou un truc du genre. On a le droit d’ouvrir les cadeaux le soir.  Là y’avait tellement de cadeaux qu’on pouvait plus marcher dans le salon! C’était trop chouette. Moi j’adore les cadeaux. Tout le monde en a eu. Moi j’en ai eu plus que plein. J’ai même eu des trucs qui étaient pas sur ma liste! Après on a couché mon cousin parce que c’est un bébé, et du coup tata a fait cchhhhhhuuuuuutttt à chaque fois que quelqu’un hurlait, enfin, parlait, mais chez nous c’est un peu pareil…. Moi j’ai joué avec mes cadeaux pendant que les grands mangeaient des animaux même pas morts venus de la mer. Avec du paté pas dégueulasse mais un peu gras. Après tonton et tata sont venus m’aider à monter l’hopital pédiatrique playmobil et ils ont donc failli divorcer 22 fois parce que c’était jamais le bon morceau qui allait avec le bon bout, ou l’inverse. Je les ai bien aidé aussi. Maman a mis son sweat tout neuf avec Gillou dessus que tu lui as apporté, Je sais pas qui c’est ce monsieur mais maman a dit qu’il était, je cite « grave canon », et papy lui a dit de l’enlever, parce qu’il ne cautionne pas. J’ai pas tout compris, mais maman l’a gardé. Les grands ont bien beaucoup mangé et bu, et rigolé. Moi j’ai bien joué. Après Tata et mon cousin sont restés dormir à la maison. Pour ne pas réveiller mon cousin trop tôt le lendemain matin tata a baissé le store électrique de la chambre de maman… Mais mon cousin était un peu malade, alors il a préféré rester éveillé toute la nuit, et pleurer. Du coup c’est pas la lumière du jour qui l’a gêné hein. D’autant que maintenant elle gêne plus trop, parce que comme tata a oublié d’arrêter le store, le moteur a grillé et on peut plus le relever. Tu te doutes que Maman était encore ravie le lendemain matin. C’était vraiment un joyeux Noel. 

On est tous hyper contents de nos cadeaux, sauf que le chapeau que tu as apporté à Papy est trop grand et le Tourne disque que tu as apporté à maman ne tourne pas, mais il parait qu’on peut te les renvoyer au pole nord par la poste et que tu fais des échanges. Mamie kiffe trop son bougueule home, on a trop bien joué avec, mais maman arrive pas à tout bien brancher pour le relier à la télé et aux ampoules, mais déjà on se marre bien quand même, quand tu lui dis OK bougueule, il te répond ! Avec une voix de fille. Avec Mamie on joue grave. ça nous met toutes les musiques qu’on veut. Le problème c’est que je peux pas dire « ok bougueule range ma chambre » et maman elle arrête pas de me dire de la ranger parce que soi-disant on peut pas laisser la caserne ghostbusters et l’hopital pédiatrique au milieu du salon. Je vois pas pourquoi. C’est tellement plus pratique pour jouer. Les adultes sont vraiment bizarres. 

En tout cas papa Noel, je te dis vraiment merci de nous avoir tous gâtés, pour l’an prochain, change rien, fais nous tout pareil, avec une famille qui s’AIDE toujours autant. Parce que quand même, on rigole vraiment vraiment bien. 

Allez Bisous.