Comme un goût de poussière

J’aime pas le lundi. Remarque, y a pas beaucoup de gens qui aiment. Le lundi c’est comme les hôpitaux. Tu trouves jamais de gens qui te disent « Moi j’adore les hôpitaux » ou les contractuelles… ou les mon chéri… Tu connais des gens qui aiment les mon chéri? Bref. Le lundi c’est comme un mon chéri.

Celui là il suit ce qu’on pourra qualifier de week end le plus moisi de 2018. Pas trop dur tu me diras, étant donné que c’est le premier, mais on aura du mal à faire moins funky. Je te dresse le tableau : Vraie gastro. T’es au fond de ton lit alors que Samedi y’a un ciel bleu à faire pâlir Yves Klein et le nain est encore chez son père. Tu es donc seule et tu pourrais « profiter», mais non, tu restes à une distance raisonnable de ton meilleur ami du moment : Jacob Delafon tout en sirotant La boisson la moins hashtagable de la vie : Le smecta à la fraise #smectafraise. Note pour plus tard, ne plus jamais obliger le nain à en boire, c’est VRAIMENT, dégueulasse. Mais la loose ne s’arrête pas là… Etant donné que tu as fini les 2 saisons de Stranger Things tu te dis que tu vas te mater Love Actually en essayant de te motiver pour défaire le sapin de Noel qui a exactement la même gueule que toi (n’essaie pas de visualiser)… Le climax de ton week end résidant dans ce moment où Hugh Grant danse sur les Pointer Sisters et où tu remues un peu la tête… Ouais tu peux le dire, on atteint des sommets. Tu t’es translatée dans le canapé avec un plaid et tes chaussons-chaussettes fourrées en pilou-pilou. Tu portes à 15h ton pyjama de Noel « TEAM RUDOLPH » et sur ton macbook pro ouvert sur le canapé, dans la barre de recherche google on peut lire « MOURIR D’UNE GASTRO ENTERITE ». Tu as touché le fond, et tu creuses encore.

Tu remets lentement Melchior, Gaspard et Balthazar avec le boeuf, l’ane et tous leurs potes dans une boite. tu mets cette boite dans une autre boite. Elle ira en rejoindre plein d’autres dans l’abri de jardin. Avec, tu sais pas pourquoi cette étiquette « XMAS » parce que tu t’es crue bilingue le jour où t’as fait l’étiquette sans doute.

Tu t’es donc hissée hors du canapé et Tu retires maintenant chaque boule de chaque branche toute sèche. ce qui prend, on est d’accord, autant de temps que de les mettre. Mais en environ 70 fois moins festif.

Tu réussis à retirer les guirlandes lumineuses qui s’entrecroisent sans te prendre le sapin sur la gueule, ce qui n’est pas gagné d’avance étant donnée ta méthode : Tirer jusqu’à ce que ça vienne, mais il est resté debout: fierté. Du coup Tu fais 2 grosses pelotes et tu te dis que tu les démêleras l’an prochain, et l’an prochain tu pesteras, comme cette année, avec ton bonnet de père Noël clignotant, ta bonne humeur et ton nain, que c’est quand même pas compliqué de démêler avant de ranger. Si. Je t’assure, Ça l’est.

Tu as mis toutes les boules dans une boite. Celles avec des étoiles. Celles transparentes. Et celles avec dessus MAKE YOUR DREAMS COME TRUE. Tu as regardé la boite un moment avant de la fermer. Tu lisais cette phrase. Et tu as philosophé un instant dans ta tête sur les rêves qui comme des boules sont rangés dans des boites et qu’on ressort juste de temps en temps mais qu’on range bien précieusement avec du papier de soie autour, pour pas les abimer. Tu as filé ta métaphore pourrie entre les rêves et les décos de Noel, et tu t’es mise à te dire que les rêves il fallait les réaliser, ouais, attraper sa vie à pleines dents ou croquer sa vie à pleines mains, tu sais plus, mais en tout cas faire un truc. Tu es partie encore un peu plus loin en rangeant l’étoile, un peu le rêve suprême. le truc qui te titille depuis toujours. Ton étoile à toi. Celle que tu devrais suivre. C’est quoi. T’as bien réfléchi. Et puis… Et puis T’as fermé la boite. T’as fait une pile de boites que tu monteras demain dans l’abri de jardin. Procrastination, ton deuxième prénom.

Tu t’es demandée si tes rêves allaient tous finir dans l’abri de jardin. Et puis t’as re-bu un smecta à la fraise. C’est important de préciser à la fraise parce que déjà le smecta en soi, c’est pas bon, ça a ce goût de poussière… mais alors à la fraise, c’est vraiment pas possible. Mais la peur de faire partie des 219 000 morts par an de la gastro était bien plus forte que le gout. Merci google.

Après ce samedi tu as eu, comme tu t’en doutes un dimanche à peu près du meme genre mais en moins malade. Maman t’a appelée pour te dire que France Gall était morte. T’as rangé toute la chambre du divin enfant qui rentre demain après 10 jours d’absence, t’as trié les playmobils -évideeeeeeemmmmment- evideeeeemmmment on danse encore sur des accords – t’as Jeté des milliards de petits bouts de papiers découpés petit petit – Quand je suis seule et que je peux rêver, je rêve que je suis dans tes bras- t’as fait le tri dans ses affaires – Je suis une poupée de cire une poupée de son Mon coeur est gravé dans mes chansons – tu as Changé son lit de place – tape sur des tonneaux sur des pianos sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains- et puis la commode – quelque chose dans la voix qui parait vous dire viens- Et passé l’aspirateur -cherche ton bonheur partout vas, refuse ce monde Egoiste – remis le tapis en place -Il jouait du piano debout, c’est peut etre un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup- Mis toutes les peluches en rang d’oignon sur le lit – Et que chacun se mette à chanter et que chacun se laisse emporter – et puis chaque chose était à sa place. T’as arrêté spotify. Y’a eu du silence. Et les boites dans le couloir. Qui te toisent.

Et tu t’es dit qu’en fait tu l’aimais bien France Gall. Longtemps tu as dit qu’à part jeter sa frange en avant elle faisait pas grand chose. Mais t’étais seulement jalouse. Tu repenses à l’été de tes 14 ans où tu as appris la mort de Michel Berger. Et où ton cœur d’adolescente s’est brisé et s’est demandé pourquoi. Comment. Comment on pouvait nous reprendre tout ce talent. Toute cette sensibilité. Tous ces mots qui te parlaient tant à toi. Et là, dans ce couloir. tu l’entends. Et tu l’écoutes.Tu écoutes ce silence. Béant. Ouais. Ca existe pas un silence béant, mais celui là, il est comme ça… et tu l’entends…

Ce qu’il reste de vous

immobile et debout

une minute de silence

ce qu’il reste c’est tout

de ces 2 coeurs immenses

et de cet amour fou.

On est plus lundi. Lundi soir Le nain est rentré. Ignorant tout, la gastro, le sapin, les rêves, les boites, France Gall… et… la fille à côté de lui a vomi dans l’avion a cause de toutes les turbulences. Elle s’appelait Lola. Tu vois, la réalité c’est ça. Et je la surkiffe la réalité.

Allez, bisous.

2 réflexions sur « Comme un goût de poussière »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s